Cent mille milliards de poèmes

Sonnet III

Le vieux marin breton de tabac prit sa prise

Pour du fin fond du nez exciter les arceaux

Sur l'antique bahut il choisit sa cerise

Il n'avait droit qu'à une et le jour des Rameaux

Souvenez-vous amis de ces îles de Frise

Où venaient par milliers s'échouer les harenceaux

Nous regrettions un peu ce tas de marchandise

Lorsqu'on voyait au loin flamber les arbrisseaux

On sèche le poisson dorade ou molve lotte

On sale le requin on fume à l'échalotte

Lorsqu'on revient au port en essuyant un grain

Enfin on vend le tout homards et salicoques

On s'excuse il n'y a ni baleines ni phoques

Le mammifère est roi nous sommes son cousin